Toutes tendances confondues, en France, l'électorat de droite est majoritaire.
Cependant les urnes ont donné le pouvoir à la gauche en 2012, en raison d'une double opposition qui oppose l'UMP au FN: une différence inconciliable de vision économique.

Un clivage historique lié principalement à l'action du général de Gaulle pendant la guerre d'Algérie, mais qui s'étend à de nombreux sujets de la politique intérieure française: représentativité syndicale, contestation de la main mise de l'idéologie de gauche sur l'appareil de l'Etat: Education Nationale, Sécurité Sociale, etc...

Cet antinomisme a été plus fort, jusqu'à ce jour, que ce qui peut rapprocher ces deux formations politiques: maîtrise des flux migratoires, retour à un minimum de politique sécuritaire, restauration de l'autorité de l'Etat dans ses activités régaliennes.

Craignant de voir son parti être laminé par l'éventualité d'une réélection de N.Sarkozy, Marine Le Pen a provoqué la défaite de ce dernier en préconisant l'abstention.

Ce fut une erreur historique.

En effet, supposons que l'électorat FN ait donné la victoire au président sortant. L'état de l'UMP était tel en mai 2012 qu'il lui était interdit d'espérer avoir à lui seul la majorité à l' Assemblée. On aurait donc hérité d'une cohabitation président de droite/majorité de gauche, tandis que l'opposition aurait été constituée dans la proportion de 2/3 1/3 de députés UMP et FN.

La majorité au pouvoir, au bout de quelques mois, se serait retrouvée dans la situation qu'elle connait aujourd'hui: entre le PS, le Front de Gauche et les Verts, on peut passer certes un accord électoral, mais pas un programme de gouvernement.

Avec un nombre de députés important à la Chambre, le FN aurait été obligé de corriger l'utopie de son programme économique: depuis 1994, l'Union Européenne a éliminé nos entrprises françaises qui n'ont pas joué le jeu de la mondialisation. On peut le regretter, mais c'est ainsi.
Aujourd'hui, sortir de l'Europe (et de l'Euro), ce serait provoquer la faillite des entreprises françaises qui prospèrent grâce à la mondialisation. Après avoir détruit la moitié de nos entreprises sous couvert de mondialisation, le FN s'apprête à détruire la seconde moitié qui a survécu.

On ne peut ni se passer de la mondialisation, ni la subir sans réagir. La seule attitude possible était d'aménager la place de la France et de l'UE dans cette économie planétaire par des réformes ciblées et pertinentes. C'était le choix que Sarkozy avait fait, et qui sera nécessairement celui de tout gouvernement qui réussira à redresser notre pays.

Il n'y a pas que des sots et des démagogues au FN. Comme dans tous les partis, il y a aussi des gens de bon sens et de réflexion.

Toujours dans l'hypothèse où Sarkozy aurait été réélu et confronté à une cohabitation, nous serions aujourd'hui confrontés aux mêmes déchirements de gauche que ceux que nous connaissons. La différence, c'est que Sarkozy aurait la possibilité de dissoudre la Chambre, lorsque suffisament de responsables de l'UMP et du FN se seraient mis d'accord sur un programme.

Mais voilà, Marine Le Pen, en dépit de ses qualités, n'est pas une stratège, et n'a pas su profiter de l'exceptionnelle opportunité que représentait, pour son parti, la réélection de Sarkozy. Résultat: pour son parti rien n'a vraiment chaUMPS,ngé (1 député et 1 apparenté élus). mais surtout le travail de rapprochement qui doit être entrepris par les responsables du FN et de l'UMP n'a pas décollé.

Si aujourd'hui, par un concours de circonstances peu probables, F. Hollande venait à dissoudre la Chambre, et que des députés de droite (UMP et FN) soient majoritaires, ceux-ci seraient incapables de se mettre d'accord. La France serait alors gouvernée par une coalition UMP-PS, dirigée par Bayrou, chef de majorité sans troupe. Marine Le Pen, fidèle à elle-même, pourrait naturellement se poser en recours en 2017, contre l'Etat UMPS. Elle aura autant de chance d'y réussir que JL. Mélenchon.

L'Histoire n'a pas l'habitude de repasser les plats. Et c'est une bonne chose, car ceux qui n'ont pas su comprendre du prmier coup sont aussi ceux qui ne comprendront pas davantage s'il y a une seconde fois.

L'UMP a encore de beaux jours devant elle.