La Justice et le KGB.

 

 

 

Dans l'ancienne URSS, si quelqu'un voulait nuire à un rival, il lui suffisait d'envoyer au parti une lettre dénonçant les sentiments hostiles au régime de ce dernier. Dès lors, la machine à broyer les gens se mettait en marche ; car toute information concernant le « suspect » devait remonter au département du KGB chargé de « surveiller » les opposants.

 

Même s'il s'avérait que la lettre initiale était dénuée de fondement, cela ne faisait pas du suspect un innocent. Il convenait donc de rechercher si, dans sa famille et ses relations, il

n'y avait pas des étrangers, ou des homosexuels, ou des individus condamnés pour quelque motif que ce soit. Dès que notre « dénoncé » avait le moindre problème (dans son travail, dans son immeuble, si un vélo avait été dérobé près de son domicile, …), tout était retransmis au KGB, qui naturellement demandait des enquêtes administratives supplémentaires, faisant appel aux écoutes téléphoniques, légales puisque déclenchées avec l'autorisation de la justice.

 

Au bout de quelques mois, le poids des archives consacrées à notre dénoncé dépassait les 200 kg. Il devenait alors justiciable de dix ans de goulag, car quiconque possédait un tel dossier au KGB était nécessairement un ennemi du peuple soviétique.

 

Loin de moi l'idée d'affirmer que le syndicat de la magistrature se comprte vis à vis de la justice de notre pays comme le KGB vis à vis de la justice soviétique.

 

Mais la France est encore un pays de liberté, et si porter des accusations non fondées est un délit qui demande répartation (certains juges devraient méditer sur ce principe), il est toujours possible de se faire une opinion personnelle sur le fonctionnement des institutions de notre pays.

 

La ressemblance entre le comportement du syndicat de la magistrature et celui du KGB n'échappera qu'à ceux qui ont des yeux pour ne pas voir, et des oreilles pour ne pas entendre.

 

Hervé LE BIDEAU

3 juillet 2014