Ukraine : le prix de la lâcheté.

 

Je ne suis pas un va-t-en guerre contre Poutine. Bien au contraire, je crois qu'un rapprochement économique et culturel entre la Russie et l'Europe serait ce qui pourrait nous arriver de mieux.

 

Simplement je constate qu'au sujet de l'Ukraine, le différent qui opposait ces deux puissances s'est transformé en épreuve de force. Celle-ci tourne à la confusion de l'alliance Atlantique, à cause de sa lâcheté.

Tout s'est joué au lendemain de la destruction du vol MH17 au-dessus de la zone des combats entre les insurgés et l'armée ukrainienne. La preuve était ainsi établie que les « séparatistes » possédaient des équipements anti aériens sophistiqués, et qu'ils savaient s'en servir.

L'armée ukrainienne devait alors les détruire, ou se résigner à perdre la maîtrise de l'espace aérien.

 

Il aurait alors suffi que celle-ci loue (à l'Europe ou aux États-Unis)deux ou trois avions AWAK pour quelques semaines, et achète une douzaine de Tomawak (aux USA, qui sont les seuls de la planète à posséder ce type d'armement), pour qu'aucune batterie anti aérienne rebelle ne puisse opérer en Ukraine.

Sauf à vouloir déclarer la guerre à ce pays, Poutine aurait dû se résigner à assister à la déroute de ses protégés. Non seulement les Occidentaux n'ont pas fourni aux Ukrainiens les armements qui leur étaient nécessaires, mais en plus Barack Obama a-t-il cru bon d'excuser la Russie de la destruction du vol MH17, en la mettant sur le compte du manque de professionnalisme des insurgés.

 

Dès lors Poutine savait qu'il pouvait utiliser délibérément son armée contre l'Ukraine sans que l'Occident ne risque de riposter, autrement que par des sanctions économiques. Cela lui permet aujourd'hui de réclamer « l'indépendance » de la partie Sud de l'Ukraine, ce qui était inenvisageable il y a deux mois.

 

Les enseignements à en tirer.

 

1) Faute de posséder des missiles Tomawak (dotés de système de navigation autonome, à basse altitude), ni l'Europe, ni aucun pays européen n'est en mesure d'assurer la protection de l'espace aérien qui jouxte ses frontières, exposant ainsi, en cas de conflit, son propre territoire à n'importe quelles tentatives de pénétration de tout adversaire.

La souveraineté européenne, en l'état actuel, est un leurre.

 

2) S'en remettre à la solidarité des États-Unis pour combler cette insuffisance des pays européens est une utopie. La guerre qui se développe en Ukraine en est la preuve.

 

3)Les conflits armés ne se combattent pas par des sanctions économiques. Ceux qui le croient sont inaptes à exercer des fonctions de chef d’État.

 

 

Hervé LE BIDEAU

2 septembre 2014