Moyen-Orient, une guerre chasse l’autre.

                                                                                                                                    L'acheminement du gaz qatari vers la Méditerranée et l'Europe, en traversant le Syrie,entrait en concurrence deux fois avec les intérêts russes :

a) la Russie perdait des parts de marchés en Europe.

b) l'abondance de gaz allait faire chuter les cours.

La Russie (et Bachar El Assad) se sont donc opposés à ce projet.

 

Les Américains se lançaient à l'époque dans l'exploitation massive du gaz de schiste ; les investissements à consentir ne pouvaient se justifier que par un prix élevé du gaz.

Le projet franco-qatari de gazoduc en Syrie s'opposait autant aux intérêts américains que russes.

Alors, pourquoi les Américains ont-ils soutenu (pour ne pas dire provoqué) l'insurrection contre B. El Assad ? Parce qu'un autre danger menaçait l'entreprise américaine : l'exploitation des gisements de gaz en Méditerranée, situés dans les zones d'influence de la Grèce, de la Turquie, de la Syrie, du Liban et d'Israël.

 

La Grèce, ruinée économiquement, a cédé ses droits à une entreprise américaine (« Noble Energy » dont Bill Clinton est un des responsables) ; la Turquie, le Liban, la Syrie, occupés par la guerre au Moyen-Orient n'ont pas eu le temps (ni les ressources nécessaires) pour se consacrer à l'exploitation de ces gisements. Seul Israël y est parvenu, avec la bienveillance des USA.

 

Ce sont les deux raisons distinctes pour lesquelles les USA et la Russie avaient intérêt à ce qu'il y ait la guerre en Syrie.

 

En 2014, l'apparition en grande quantité des gaz et pétroles de schiste américains a saturé les marchés, et fait chuter les cours. Pendant deux ans, les Etats-Unis ont laissé faire (à la fureur des Russes qui ont vu leurs revenus diminuer d'autant et ont alors décidé d'intervenir militairement en Syrie). C'était voulu de la part des Rockefeller : l'exploitation des gaz et pétrole de schiste aux USA a nécessité des investissements massifs, qui a fait largement appel aux capitaux des petites et moyennes entreprises. Mais cette exploitation coûte très cher (il faut perforer la roche, injecter des produits haute pression ou chauffer les sables à 350°, puis filtrer, purifier, conditionner, transporter...). En laissant chuter les prix, les petits et moyens exploitants qui s'étaient lancés dans l'aventure ont été ruinés. Ce sont donc les grandes compagnies américaines, qui sont toutes affiliées à l'empire Rockefeller, qui ont récupéré à bas prix tous les gisements intéressants.

Maintenant que ceci est fait, les USA sont d'accord pour une baisse de la production, qui fait remonter les cours, à la plus grande satisfaction des Russes.

Cela est possible dans la mesure où les deux grands (USA et Russie) peuvent contrôler la quasi totalité des gisements de la planète. Il reste cependant deux exceptions : le Qatar et l'Iran qui se partagent l'immense gisement du golf d'Oman.

 

Conclusion : la guerre de Syrie touche à sa fin, celle du Yémen ne fait que commencer.                                               

                                                                  Hervé Le Bideau      19/12/2016