Le Brexit et le IVème Reich.

 

 

 

Les états et les fluides obéissent à la même loi mécanique : la pression est constante au sein d'un même milieu, et tous les écarts se répercutent à la périphérie.

En ce qui concerne l'Europe, cela conduit aux conclusions suivantes :

  • soit nous faisons l'Europe (dans le contexte actuel, cela veut dire que la France sera digérée par l'Allemagne), et nous aurons comme adversaires les USA, la Russie et la Grande Bretagne.

  • Soit nous refusons l'Europe. La France aura l'Allemagne comme adversaire, et la Russie comme alliée. L'attitude des Britanniques et des Américains sera fonction des circonstances, suivant que ce soit le groupe franco-russe ou la coalition germanique qui domine. Dans cette hypothèse, l'Espagne sera favorable à l'Allemagne, la Pologne (hostile aux Allemands et aux Russes) sera l'alliée des USA, de même qu'une partie de la péninsule des Balkans (à l'exception de la Grèce et de la Serbie), tandis que la Roumanie et la Bulgarie pourront se tourner vers l'un ou l'autre des deux partis, suivant que ce soit la Russie ou les États-Unis qui seront dominants en mer Noire.Enfin la capacité de nuisance d'Erdogan sera décuplée.

 

Ainsi, refuser l'Europe, c'est la couper en trois :

un bloc germanique,

un bloc franco-russe,

et un troisième américanophile.

 

Si nous faisons l'Europe, notre économie et notre défense (y compris notre force de frappe) passeront sous autorité allemande, qui sera pratiquement isolée du reste du monde.

 

Aucune de ces deux solutions ne convient aux intérêts français. Le statu quo actuel, qui ne résout rien, a le mérite de retarder la chute du couperet. Car l'explosion démographique de l'Afrique (500 millions d'habitants en 1980, un milliard en 2025, deux milliards en 2050) va modifier les priorités.

En effet l'essentiel ne sera plus dans les tensions Est-Ouest, mais Nord-Sud. Dans ce domaine, ce sont les pays d'Europe du Sud qui seront les premiers menacés, et l'Allemagne n'a (pour le moment) ni la culture ni les moyens de prétendre à en exercer le leadership.

 

La place de la France en Europe se joue aujourd'hui en fonction des solutions qu'elle sera capable (ou incapable) d'apporter au danger africain.
Macron semble avoir compris l'importance du problème. Saura-t-il élaborer une stratégie gagnante pour y faire face, et aura-t-il l'habileté nécessaire pour la faire réussir ?

Je le souhaite, mais j'en doute. J'y croirai lorsqu'on m'aura expliqué que De Gaulle aurait pu devenir ce qu'il a été, s'il avait fait ses classes chez les Rotschild.

 

Hervé Le Bideau

30 août 2017