Les gesticulations de D.Trump.

 

 

 

 

D.Trump a menacé de bombarder la Syrie, en représailles à la soit-disant attaque chimique des troupes de B. Al Assad contre la Ghouta.

Ce prétexte était vraisemblablement erroné, mais pour Trump cela n'avait aucune importance : les armes de destruction massive de Sadam Hussein n'ont jamais existé. Mais ce mensonge des Services de Sécurité américains et britanniques ont justifié la guerre d'Irak, la capture et l'assassinat de Sadam Hussein .

 

La supercherie découverte, personne n'a demandé aux États-Unis de reconstruire le pays qu'ils avaient ravagé, ni de remettre en place le régime bassiste irakien.

 

Trump a menacé, mais n'a pas exécuté ses menaces. Le Pentagone ne l'aurait pas accepté : la Russie indiquant clairement qu'elle riposterait, et dans le contexte actuel des relations américano-chinoises, les chances de survie des USA à une guerre contre le reste du monde étaient minimes.


Les États-Unis, pas plus que la Russie, ne voulaient que la guerre en Syrie donne naissance à un conflit généralisé.


Les USA souhaitaient simplement faire peur.

 

Qui voulaient-ils intimider ? Pas la Russie. Ni l'Iran, ni la Chine, ni la Syrie, ni même la Turquie. Toute cette opération de com' (même si elle est sinistre) s'adressait « aux alliés » occidentaux des États-Unis, qui étaient « invités » à se réunir pour opposer un front commun au danger russe. Comme du temps de la guerre froide, le président américain engage l'Europe occidentale à reconstruire un rideau de fer contre la Russie. Car s'il existait une libre circulation des personnes et des biens entre la Russie et l'Europe, les USA perdraient le marché européen des hydrocarbures, et seraient ruinés.

 

Mais quand on y réfléchit, pourquoi Trump se donne-t-il tant de mal pour impressionner ses « alliés », alors que Macron et T.May sont tellement acquis à sa cause qu'ils souhaitaient aller en découdre à se place contre Al Assad ?

 

La réponse est : parce que ces deux derniers dirigent des pays dont l'opinion publique est beaucoup moins acquise aux intérêts américains que leurs « élites ».

 

Pour comprendre le problème, imaginons que dans un avenir proche, on finisse par démontrer que des « rebelles » (et donc des alliés d'Al Nostra que la France a toujours soutenu, sous prétexte qu'elle a fait du bon boulot) aient utilisé des armes chimiques pour discréditer le régime syrien. Macron, qui veut intervenir en Syrie, non pas contre le régime d'Al Assad, mais contre tous les criminels qui utilisent des gaz de combat, sera-t-il tenté de frapper Al Nostra ? Et une partie de l'opposition française ne risque-t-elle pas de le réclamer ?

 

Pour les États-Unis, l'urgence est de pousser Macron à commettre l'irréparable, pour que l'histoire devienne irréversible. Le mensonge des armes de destruction massive de Sadam Hussein peut être découvert sans problème, mais seulement à partir du moment où ce dernier est mort.

 

Le soutien de la France à la politique américaine au Moyen-Orient doit lui aussi être irréversible. Pour cela, il faut que Macron s'implique dans le conflit syrien, jusqu'à un point de non-retour.

 

 

 

Hervé Le Bideau

13/004/2018