Trump joue le va-tout des États-Unis.

 

En dénonçant l'accord avec l'Iran sur le nucléaire, Trump met ses alliés européens au pied du mur : soit ils le soutiennent dans son bras de fer contre l'Iran, même si cela doit entraîner une guerre au Moyen-orient dans lquelle le sort d'Israël sera en jeu, soit ils subiront les sanctions économiques que les Etats-unis prendront à leur encontre.

 

Or, c'est une menace à double tranchant : si les économies européennes étaient ruinées par une guerre avec les USA, inversement ces derniers perdraient les seuls clients de la planète à pouvoir acheter leur pétrole et gaz de schiste à un prix deux fois supérieur à celui des hydrocarbures « naturels », tels qu'ils existent en Irak, en Iran, dans le détroit d'Ormuz, en Libye, et en Méditerranée Orientale.

Ce serait solder par un échec absolu toute la politique américaine au Moyen-Orient de ces vingt dernières années.
La porte de sortie qui s'offre à Trump est étroite: il faudrait que la menace des sanctions américaines (qui, bien que prononcées par la Justice américaine , ne reposent en fait que sur la loi du plus fort) dissuade les « alliés occidentaux » de braver la décision des USA d'étendre la guerre de Syrie à la région Liban-Israël-Jordanie-Arabie.

 

A supposer que le pari de Trump réussisse,ce ne sera qu'un succès de courte durée : l'Europe et les États-Unis s'épuiseront avec une économie reposant sur une nergie peu abondante et coûteuse, tandis que les « adversaires déclarés » (Chine-Russie-Inde) connaîtront un développement fulgurant grâce aux ressources naturelles et bon marché de la Russie,du Kazakhstan, de l'Iran et du golfe persique.

Dans tous les cas, la suprématie des États-Unis est condamnée. La décision stratégique du début des années 2000, d'entreprendre prématurément l'exploitation des gaz de schiste, en faisant basculer dans la guerre les pays du Moyen-Orient, lui aura été fatale.

 

Mais, surtout, l'acharnement de Trump, et sa volonté d'étendre la guerre dans la péninsule arabique, disqualifie moralement les USA à prétendre exercer toute sorte d'autorité sur la planète.

 

 

 

 

Hervé LE BIDEAU

11/05/2018