Trump, l'OTAN et la Russie.

 

 

 

 

Dès 1905, alléchés par le discours des bolcheviques « si nous réussissons la révolution communiste, nous renégocierons les accords de Bakou », les Rockefeller financèrent à fonds perdoint us la révolution prolétarienne, dont l'URSS sera l'aboutissement.

 

Les États-Unis étaient ainsi assurés d'être confrontés non pas à « une Europe », mais à deux moitiés d'Europe, séparées par un « rideau de fer ». Une demi-Europe alliée aux USA, cela donnait stratégiquement l'avantage au camp américain contre n'importe quel autre adversaire.

 

La crainte de l'URSS masquait une alliance monstrueuse entre les USA et Staline, qui allait régir le monde jusqu'à l'avènement de Khrouchtchev.
Il fallut le travail de Henry Kissinger pour définir une nouvelle doctrine face à cette situation : l'exploitation des rivalités russo-chinoises allait permettre l'anéantissement de l'ex-URSS.

 

Puis tout se passa comme si les « Stratèges » des États-Unis s'étaient effacés devant leurs commerciaux : « faisons des affaires, pas la guerre ». Hélas, vouloir séparer le monde de la finance et celui de la guerre relève de l'utopie. L'économie américaine est aujourd'hui menacée par des concurrents russes, chinois, européens et ceux dits du tiers-monde.

 

Dans tout raisonnement logique , la stratégie est au service du but à atteindre ; c'est la suprématie économique qui donne aux USA leur prépondérance technologique et militaire. La fin de celle-ci conduira nécessairement les États-Unis au déclin et à l'affaiblissement.

 

Le discours de Trump se rapproche plus de la harangue que de la réflexion de politique générale : il pense naïvement qu'une mise en garde à ses alliés suffira à effacer les deux atermoiements de la politique américaine depuis plus d'un siècle : diviser pour régner, puis appeler à l'union pour éviter d'être en position de ne plus vivre sous le risque des USA. Diviser ou réunir est la question qu'il faut se poser.

 

La politique américaine est malade. Trump en est conscient. Le traitement qu'il propose est pire que le mal à combattre. Ce n'est pas en tuant l'OTAN que Trump va ressusciter l'union sacrée contre la Russie, la Chine ou toute autre nation qui ne respecte pas assez les Droits de l'Homme selon la Constitution américaine.

Mais, par contre, après la disparition de l'OTAN, le monde médusé pourrait s'apercevoir à quel point il a été dupé par la diplomatie américainependant plus d'un siècle.
Ce jour-là le déclin américain deviendra irréversible.

 

Hervé Le Bideau

13 juillet 2018