L'empire américain et la théorie du chaos.

A- Le rôle des hydrocarbures.

 

Une théorie du chaos, qui conforte systématiquement les intérêts américains, ce n'est pas neutre. Ce n'est qu'un prétexte que les USA utilisent vis à vis de leurs complices et de leurs alliés, pour justifier toutes leurs trahisons et leurs incohérences.

 

Mais le chaos ne touche jamais les intérêts américains. Il n'agit donc pas de façon aléatoire, mais orientée.

 

Le 29/01/2011, au lendemain de la chute de Ben Ali, j'écrivais dans mon blog "que veulent les Rockefeller?", avant de conclure "l'intérêt des USA est de rendre rentable, le plus rapidement possible, l'exploitation pétrolière des zones qui ne le sont pas aujourd'hui". Cette analyse, qui date de plus de six ans, est toujours valable de nos jours, à la différence des innombrables plans américains successifs pour le partage du Moyen-Orient. Parce qu'elle repose sur la recherche de bases stables (les intérêts des USA ne changent pas tous les jours, à la différence des déclarations des "politiques" chargés de leur Défense).

 

Le "printemps arabe" et la théorie du chaos ne sont que les conséquences de la rupture de politique étrangère que l'exploitation des gaz et pétroles de schiste a imposée aux Etats-Unis. Il y a un "avant" et un "après" à la mise en exploitation des gaz et pétroles de schiste, qui rend aussi  obsolète  la doctrine Carter que l'alliance secrète  qui existait entre les USA et l'URSS durant le règne de Staline.

 

Or, et c'est très intéressant, l'"Etat profond" américain semble se diviser sur la conduite à tenir; car les intérêts des producteurs pétroliers américains s'opposent à ceux de l'Arabie, l'alliance avec les Frères Musulmans devient un boulet (elle est à l'origine de la défaite d'Hillary Clinton aux élections présidentielles), les guerres au Moyen-Orient se rapprochent d'Israël et de Ryad, Trump semble tourner en rond, comme un chien dans son chenil, et même les participants de la conférence de Bilderberg ne savent plus à quel saint se vouer.

 

B- Les lignes terrestres Golfe-Méditerranée.

 

Si les intérêts anglo-américains sont de contrer les communications Chine-Méditerranée (ce que je crois volontiers), force est de constater, au vu de la présence chinoise en Grèce et en Afrique de l'Est, qu'ils sont bien mal défendus. "La réactivation de la route de la soie" affaiblirait le contrôle que les Américains tentent d'imposer à toutes les transactions dans le monde, mais ceci ne représente actuellement qu'une menace lointaine. Tandis que la reprise des exportations pétrolières de l'Irak et de l'Iran provoquerait immédiatement la ruine des USA.

 

Aujourd'hui les USA ne se battent plus pour leur leadership, mais pour leur survie. Ni les Russes, ni les Chinois, ni les Européens ne semblent s'en réjouir.

 

Et si l'effondrement américain était une façon de mettre la Chine et la Russie face à face comme cela s'est produit en 1978? Mais cette fois, sans que l'arbitrage américain ne puisse geler le jeu?

 

Car, enfin, pour que la guerre puisse se déclencher entre la Russie et la Chine, les Etats-Unis doivent abandonner leur rôle d'arbitre.

 

 

 

Hervé Le Bideau . 10/06/2017