Hervé Le Bideau                                                            Bressolles, le 14 juillet 2017

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                         Lettre ouverte

                         à Monsieur le Président de la République.

 

Objet : la franchise du Général, Chef d’État-major des Armées.

 

Suite à la déclaration du Général Chef d’État-major des Armées devant la Commission de la Défense Nationale le 12 juillet 2017, vous avez fait savoir qu'il était indigne qu'un militaire fasse pression sur le Président de la République pour influer ses décisions. Vous avez ensuite ajouté que l'attitude du Général de Villiers était injustifiée puisque dès 2018 le budget des armées serait augmenté de 1,6 milliards d'euros.

Je commencerai par ce second point, car c'est un leurre. Sur ces 1,6 milliards, huit cents millions serviront à éponger les arriérés de 2017.  C'est le montant dont vous avez amputé ce budget. Les huit cents millions restant seront utilisés à financer le Service National Universel dont vous avez décidé la création pour des raisons étrangères à la défense opérationnelle de notre pays. Il y a huit cents mille Françaises et Français par tranche d'âge. En prévoyant mille euros par individu, pour un seul mois, pour les loger, les habiller, les équiper, les instruire, les administrer et les solder, je suis, à coup sûr, en dessous des vrais chiffres.

Le budget des forces pour 2018, au mieux, sera égal à ce qu'il aurait dû être en 2017 si vous ne vous en étiez pas occupé. Même des militaires peuvent comprendre cela.

Le premier point concerne « l'indécence » dont vous accusez le Général CEMA. Est-ce de l'indécence que de rendre compte à son chef et à la commission parlementaire ad hoc que les moyens dont il dispose ne lui permettent pas de remplir sa mission ? Dans l'Armée, dire la vérité à son supérieur est un acte de discipline. En s'exprimant, le Général de Villiers n'a fait que son devoir. S'il ne l'avait pas fait, il aurait perdu l'estime de ses subordonnés. Les soldats, qui savent quand il le faut, faire le sacrifice de leur vie pour la Patrie, ont autant besoin d'avoir confiance en leur hiérarchie -à laquelle vous appartenez statutairement- qu'en leur matériel, et au bien-fondé de leur mission.
Monsieur le Président, l'épithète « indigne » que vous avez utilisé à l'intention du Chef d’État-major des Armées est impropre. L'Armée est un grand corps, animé plus que les autres par l'esprit de solidarité. On peut remercier un chef, mais le déconsidérer devant ses subordonnés est une faute de commandement.

Ne vous en prenez qu'à vous-même, si la flétrissure que vous avez infligée au Général de Villiers se retourne contre vous, comme un boomerang.

 

Soyez assuré, Monsieur le Président, de mon total dévouement au service de mon pays.

 

       Hervé Le Bideau,

      citoyen français , Saint-Cyr 1961-1963