A – La Chine et la « quincaillerie ».

Loin de moi de sous-estimer la culture chinoise, et le niveau scientifique et technique de ce pays immense. Dans tous les domaines, la Chine rivalise avec l’Occident, et en particulier dans la recherche d’avant-garde.

J’ai utilisé le terme de « quincaillerie » parce que c’est la production massive de produits de faible technologie qui a initialement rapporté à la Chine les devises dont elle avait besoin pour s’alimenter, s’équiper et progresser. C’est la Grande Distribution qui est à l’origine de cette réalisation (dans un petit ouvrage que j’ai écrit en 2009, « le pétrole, enjeu stratégique des guerres modernes », je consacre 2 chapitres à ce sujet :

-         Comment la Grande Distribution tue la production en France.

-         Comment la Grande Distribution appauvrit la France.)

Car si la grande industrie a dû investir dans le marché chinois (sous peine de disparaître), en contre partie le marché européen a dû accepter les produits bon marché « made in China », dont la commercialisation a provoqué des centaines de milliers de faillite dans la petite et moyenne industrie, et la destruction de millions d’emplois.

L’ouverture de l’OMC à la Chine a été voulue par les Américains, et c’est l’Europe qui paie la facture 3 fois :

-1 Commercialement, sa balance commerciale déficitaire procure à la Chine les devises dont elle a besoin pour se nourrir et financer sa recherche.

-2 En investissant en Chine, la Grande Distribution et la grande industrie privent l’Europe des retombées que ces mêmes investissements produiraient s’ils étaient réalisés sur son sol.

- 3 Grâce à ces investissements européens, la Chine acquiert une compétence et un savoir faire, qui lui permettra, dans un très proche avenir, de nous dépasser dans tous les domaines.

La modernisation de la Chine se nourrit du déclin européen.

 

 

B – Les Etats-Unis et la Chine.

Le problème des Américains, c’est d’avoir un marché à la taille de leurs productions. En effet, lorsque la machine américaine (agricole ou industrielle) se met à produire à plein régime, si le marché n’est pas là, l’offre devient supérieure à la demande, et les prix s’effondrent. Pour les USA, le marché chinois est une aubaine, car si la production américaine peut délivrer toute sa puissance, les profits sont maximum, les revenus de l’Etat aussi, et les moyens de financement du Progrès (scientifique, économique, militaire, industriel, social,…) également.

Aujourd’hui, la connivence tacite des Etats-Unis avec la Chine a remplacé celle qui existait au siècle passé entre les USA et l’URSS.

 

 

C – La Chine et l’Afrique et les USA.

- L’insuffisance des ressources alimentaires de la Chine la rend tributaire des Etats-Unis. Pour lutter contre cette situation, depuis une dizaine d’années, la Chine achète ou loue à l’Afrique des terres cultivables (j’ai relevé dans la presse le chiffre de 30 millions d’hectares, soit le triple des surfaces cultivables françaises).

Cette situation aggrave naturellement le sort des Africains, confronté à la famine.

-         C’est ici qu’intervient la « complicité » américaine. Car s’il y a famine, il y a intervention du Fonds International contre la Faim, qui achète au prix du marché les surplus américains avec l’argent de l’ONU, c'est-à-dire de la Communauté Internationale.

-         Tout ceci s’effectue avec l’assentiment des Etats africains. En effet, l’extrême pauvreté de la majorité des africains les rend non imposables, et leurs gouvernements se trouvent démunis de ressources. En louant leurs terres, les Etats africains sont gagnants deux fois : ils encaissent l’argent de la location, et lorsque l’aide internationale arrive, ils la revendent à leurs sujets. Et que font-ils avec cet argent ? Modernisent-ils leurs pays ? Non, ils achètent des armes (aux USA , aux Russes et aux Chinois) pour régler leurs différends avec leurs voisins. Autrefois, les Africains vendaient leurs enfants comme esclaves pour lutter contre la surpopulation. Ce qu’ils font aujourd’hui est infiniment pire. L’Afrique, la Chine et les Etats-Unis ont réinventé l’esclavage.

 

 

D – Les Américains et le Moyen Orient.

La bombe pakistanaise, et les efforts de l’Iran pour l’acquérir sont les sujets majeurs d’inquiétudes des USA au Moyen Orient. Déjà en 1979 ils n’avaient pas hésité à déposer le Shah pour l’empêcher de faire de son pays une puissance nucléaire, et ce serait les sous-estimer gravement que de croire qu’ils n’avaient pas envisagé l’avènement d’une République Islamique.

La cause réelle de la présence de l’OTAN en Afghanistan est l'arme atomique pakistanaise. Depuis la guerre Iran-Irak, les USA semblent avoir cultivé l’hostilité réciproque des Chiites et des Sunnites. Dans cette logique, les révoltes chiites de Barein et d’Oman sont la réplique aux manifestations anti iraniennes.

Enfin il convient de constater que les ressources pétrolières d’Arabie Saoudite sont en déclin, et que c’est sans état d’âme que les Américains abandonneront cet allié étrange, qui finance Al-Qaïda depuis sa création, dès que sa production pétrolière sera marginalisée, vraisemblablement dans moins de 5 ans. Depuis 2004, le gisement de Ghawar, qui représentait 60% de la production d’Arabie Saoudite, produit 50% d’eau de mer, que l’on y injecte pour faire remonter les restes.

La crise actuelle qui secoue le Moyen Orient laissera des traces indélébiles. Car la misère ne disparaîtra pas avec la révolte. L’Europe avait cru maîtriser l’immigration qui la détruit, en achetant les régimes d’Outre-Méditerranée pour faire ce qu’elle refusait, à savoir garantir l’imperméabilité de ses frontières. Elle devra désormais faire face à ses responsabilité : se défendre (s’il le faut par la force), ou se laisser envahir par les miséreux d’Afrique et du Moyen Orient … (1 milliard de postulants).

Le conflit qui se développe connaîtra sans doute plusieurs phases. La première concernera probablement le monde musulman. Les USA sont capables d’éradiquer l’Islam de la planète ou de l’obliger à se transformer fondamentalement, comme ils ont éliminé le fascisme et le communisme (au moins sous sa forme soviétique). Une fois de plus, c’est l’Europe, champ de bataille des 2 premières guerres mondiales, qui paiera la facture. Cette révolte des musulmans est sans risque pour les USA. Ils sont trop loin et trop forts pour être inquiétés, et les noirs musulmans américains sont minoritaires et complètement étrangers aux revendications des Chiites ou d’Al Qaïda.

Il est naturellement trop tôt pour connaître les autres phases du conflit qui menace. Une chose est sûre : l’UPM est morte ; comme toutes les initiatives, françaises ou étrangères, de ceux qui espèrent tirer leur épingle du jeu de la situation internationale. Dans le camp occidental, l’ordre est américain, qui ne tolère ni la dissidence, ni les solutions particulières.

 

 

Mes propos pouvant vous paraître pessimistes, permettez-moi cette citation de Claire Booth Luce, reprise par Eric Laurent dans son ouvrage « La face cachée du pétrole » : « la différence entre un optimiste et un pessimiste tient au fait que le pessimiste est habituellement mieux informé. »

 

Recevez, cher Monsieur, mes remerciements pour ces échanges d’idées qui me tiennent tant à cœur, et l’assurance de ma parfaite considération.