Bayrou est le dernier joker de Hollande.

 

La gauche parlementaire s'est divisée, provoquant un remaniement ministériel. C'est le moment que choisit Manuel Valls pour se faire ovationner par le MEDEF, et pour nommer ministre de l'Economie le financier Emmanuel Macron qui venait de sonner la charge contre les 35 heures.

 

Est-ce de l'inconscience de sa part ?

La réponse est : non.

 

Imaginons que cette tendance « droitière » du gouvernement se prolonge : le gouvernement sera censuré par l'Assemblée, ce qui entrainera de nouvelles élections législatives. La droite l'emportera, certes, mais quelle droite ?

Il y aura des centristes, des UMP « historiques » (tendance Fillon et Jupé), des UMP sarkozystes (la Droite Forte) et des FN.

 

Si le rapprochement des deux premières familles (centristes et UMP historiques) semble naturel, il leur sera impossible de gouverner avec le concours des sarkozystes et des frontistes. Il y aura donc deux droites, chacune d'elles étant incapable de former un gouvernement, faute d'être majoritaire.

 

De même il y aura deux gauches, l'une mélenchoniste, et l'autre (celle de Valls, et de Hollande semble-t-il) ouverte à l'économie de marché.

 

La France ne pourra être dirigée que par une alliance entre les chiraquiens et les hollandistes. C'est la formule sur laquelle François Bayrou a sacrifié l'existence de l'UDF il y a dix ans. Et lui seul, parce qu'il n'est ni socialiste, ni UMP (n'a-t-il pas tué Sarkozy en 2012?) sera qualifié pour diriger un gouvernement d'Union Nationale : l'UMPS.

 

Cela permettra à F. Hollande d'atteindre le terme de son mandat. Et en 2017 que se passera-t-il ?

Tout dépendra des résultats de l'UMPS.

 

 

Hervé LE BIDEAU

29/08/2014