L'Europe, le Brexit et la France.

 

Boris Johnson vient de sauver l'Europe.

 

Sans lui, le parti des euroseptiques était en voie de triompher, en Autriche, en Italie, en Hongrie, aux Pays-Bas et en France. Mais voilà, Boris Johnson vient de réussir, là où Napoléon et Hitler avaient échoué : il a atomisé le Royaume-Uni. Car celle-ci, abandonnée (moralement pour le moment) par l’Écosse, par l'Irlande réunifiée, et privée de Gibraltar, se voit réduite au royaume des deux nations (ennemies) que sont l'Angleterre et le Pays de Galles.

 

Quid du budget britannique ? Quid de ses capacités opérationnelles futures (Terre, Air, Mer) ?Quid de sa puissance économique ? Quid de la Livre Sterling ?

 

Les gens un peu cultivés, qui n'ont pas « fait l'ENA », mais qui ont lu Taine, savent que les Britanniques, ce 23 juin 2016, n'ont pas voté pour ce qui était bien pour eux, mais qu'ils ont seulement désigné ce qu'ils aimaient (l'Angleterre) et ce qu'ils n'aimaient pas (la dictature administrative bruxelloise). Seules l'imposture et la stupidité de nos politiques transforment ce choix de préférence en volonté de gouvernement : le Royaume-Uni doit quitter l'union européenne – et François Hollande d' insister : « le plus vite possible ».Le contre-coup de cette logique dans les mois qui viennent ne va pas tarder à se faire sentir : vu le sort de l'Angleterre, les adversaires de l'Europe vont passer pour des demeurés.

 

Parmi ces derniers, en France, Marine Le Pen et le FN occupent une place de choix.

Et c'est pathétique. La fille de Jean Marie, qui croit avoir gagné son pari, basé sur les avantages d'une sortie de l'Union européenne vient de perdre toute chance de remporter les élections présidentielles de 2017 (elles étaient très minces, et se limitaient au seul cas de figure d'un duel hypothétique l'opposant à François Hollande). Elle voit même ses possibilités de figurer au second tour se réduire comme une peau de chagrin.

La Grande-Bretagne n'a pas voté par calcul. Elle n'a fait qu'écouter son cœur. Et, à la face du monde, elle s'est écrié : » God save the Queen. God save l'Europe des Nations et ses deux mille ans d'Histoire. »

 

N'en déplaise à ceux qui croient que tout a commencé en 1789.

 

 

Hervé LE BIDEAU, 25/06/2016