Dominique Strauss-Kahn et  François Fillon.

 

François Fillon vient de voir compromises ses chances d'être élu Président de la République. Moins par malhonnêté que pour avoir sous-estimé les attaques dont il pouvait être l'objet dès lors qu'il devenait le candidat de la Droite et du Centre aux élections présidentielles.


Si lui-même, ou quelqu'un de son entourage, avait eu un minimum de « culture du contre-espionnage », il n'aurait pas manqué de s'interroger sur le cas de DSK, éliminé de la compétition en début 2011, suite à son comportement au Sofitel de New York, alors qu'il était donné par tous finaliste du premier tour, et par beaucoup , vainqueur probable.

 

La Gauche, les naïfs et les ennemis de N.Sarkozy avaient fait de ce dernier le commanditaire du traquenard qui avait causé la chute du favori. Mais pour les professionnels du contre-espionnage, c'était une hypothèse stupide. Empêcher un an à l'avance DSK de se présenter, c'était donner au Parti socialiste toute latitude de lui trouver un remplaçant.


Si le coup était venu de camp des sarkozystes, il se serait produit « à l'issue de la primaire socialiste », juste avant l'élection nationale. La défaites des socialistes aurait été assurée, Hollande n'aurait jamais été candidat, et N. Sarkozy aurait été réélu sans difficulté.


D'un point de vue contre-espionnage, ce scenario constituait le danger majeur auquel l'entourage du Secrétaire Général du parti devait s'opposer par tous les moyens. Ce n'est donc pas dans l'entourage de N. Sarkozy qu'il fallait chercher l'informateur qui a alerté la direction du Sofitel, les autorités et la presse de l'agression de la malheureuse femme de ménage, mais dans celui de M. Aubry.

 

Parce qu'il ne s'est trouvé personne, parmi ses proches, à l'avoir compris, François Fillon s'est trouvé mis en cause à trois mois de l'élection, pour un motif qui témoigne d'une lacune professionnelle de sa part.

 

Avant de se déclarer candidat, il aurait dû veiller à ce que ni lui-même, ni personne de son proche entourage, ne puisse être mis en cause pour se vie privée ou professionnelle.

Les services de contre-espionnage, ça sert (aussi) à ça. Ne pas  ou mal les utiliser (ça n'est jamais agréable de mettre les services de renseignement au courant de ses secrets de famille), peut avoir des conséquences très graves.

 

En 2012, le professionnalisme du secrétariat du P.S.,qui le pousse parfois à ne pas craindre d'instrumentaliser la Justice à des fins politiques,  a permis le succès de son candidat à l'élection présidentielle.

En 2017, si la victoire échappe à F.Fillon, il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même, et à l'amateurisme de ses collaborateurs.Avoir été cinq ans premier ministre et ne pas avoir vu venir le coup,est pour le moins déconcertant.

 

Pour le reste, qui a informé le Canard enchaîné sur les émoluments perçus par Pénélope  Fillon ? D'un point de vue contre-espionnage, c'est secondaire; c'est éventuellement du domaine judiciaire. L'important, c'est de comprendre à qui profite la manœuvre. Apparemment, elle devrait conduire à une finale Macron-Le Pen.

La sociale-démocratie-libérale va peut-être devoir sa survie à une faute de procédure des responsables politiques des Républicains.

Ce n'est pas  F.Hollande qui s'en plaindra.

                                         

                           Hervé LE BIDEAU

                            26/01/2017