La face cachée des Thomawaks de D. Trump.

Ce qui se passe actuellement en Syrie est difficilement décryptable pour quiconque n'est pas "aux affaires " (et ces derniers sont susceptibles de mauvaises interprétations, car la guerre de l'ombre nécessite en permanence de tromper les analyses de l'adversaire).

Par contre, n'importe qui peut se faire une idée assez précide de ce qui se passe, en raisonnant, non pas sur les intentions des parties prenantes, mais sur leurs intérêts.

Dans le cas des événements de Syrie, les zones d'ombre sont énormes. Il y a, semble-t-il, eu explosion d'armes chimiques dans la zone rebelle d'Idlib. A-t-elle été provoquée par une bombe chimique syrienne, ou par des dépôts d'armes chimiques détenues par les rebelles, touchés par une bombe classique syrienne? (lors d'une attaque chimique précédente, les experts de l'ONU avaient identifié un gaz de combat - qui n'avait jamais été ni fabriqué ni détenu par la Syrie, mais qui existait en grande quantité dans l'armée de Kadhafi. Ces stocks seraient tombés entre les mains d'Al Qaïda ... l'ONU semble s'être désintéressé de l'enquète.)

Pour le moment, le gaz incriminé dans l'attaque d'avril 2017 n'a pas été identifié. Les "témoignages" que l'on a recueillis à ce jour proviennent de "l'observatoire syrien des droits de l'Homme". Il s'agit en fait d'un bureau d'enregistrement et de rédaction basé à Londres. Les diffusions qu'il réalise proviennent d'Al Nostra, par le canal d'Al Jezeera. En France, ces informations sont transmises aux média, sous le timbre de l'AFP.

Si l'on retient que la Russie et les USA ont soigneusement évité "de se combattre directement" lors de l'intervention américaine, on peut noter que: - cette action rapproche les Etats-Unis de la Turquie (c'est mauvais pour la Russie, qui devrait logiquement chercher des compensations dans la reconnaissance de ses droits en Crimée et au Dombass par exemple). - elle s'oppose à la construction de gazoducs reliant le golfe persique à l'Europe; elle favorise donc le maintien à un prix élevé de l'énergie, à la grande satisfaction des Russes et des Américains. - elle contribue au renchèrissement des guerres au Moyen-Orient, ce qui représente une menace sur l'Arabie Saoudite, à cause de son engagement au Yémen (ce qui favorise un prix élevé des matières fossiles). - sur le plan politique intérieure, D.Trump réduit à néant les critiques qui lui sont faites d'être favorable aux Russes. - en Extrême-Orient, les USA envoient une mise en garde à peine voilée à la Corée du Nord, et même à son grand allié chinois (ce qui n'est pas pour déplaire à la Russie).

Conclusion: Le grand gagnant de cette gesticulation est D.Trump. Celui-ci a bénéficié d'une complicité bienveillante de son "adversaire" V.Poutine.   Hervé LE BIDEAU 12/04/2017