Deuxième face à face de la Présidentielle: plus c'est con, plus c'est bon...

Le second débat de ce mardi 4 avril 2017 a été pollué, à mon avis, par une idée fausse, communément admise: "le responsables de tous nos maux, c'est la Finance". 

Contrairement à la subversion marxiste de ces 150 dernières années, le Capital n'est pas l'ennemi de la société. C'est au contraire un facteur majeur de développement, comme l'ont été le langage et l'écriture. Le Capital, c'est ce qui permet l'échange, la transmission et la distribution des richesses. C'est à dire des biens, mais aussi des savoirs, entre les générations. Sans Capital, il n'y aurait ni retraites, ni Sécurité Sociale, ni éducation.

Il est déconcertant d'entendre nos candidat à la Présidence de la République jeter le discrédit sur les banques et le grand capital, tout en voulant augmenter les salaires, les retraites, les Services, etc...

Sauf à régler ses dettes en monnaie de singe (ce qui ne dure qu'un temps), relancer l'économie par le crédit, c'est donner la pouvoir aux banques.
L'ennemi du peuple, ce n'est pas la finance, c'est le mauvais usage qui en est fait, et prétendre que l'on va rendre les gens plus riches en s'affranchissant des obligations financières, c'est un mensonge.
Il en est de même pour l'euro: tous ceux qui ont eu des responsabilités de direction dans les PME-PMI, avant l'adoption de la monnaie unique, savent les dégâts que causait la fluctuation du franc par rapport au dollar,( il variait du simple au double tous les cinq ans,) pour le plus grand profit des spéculateurs, des banques, de la grande distribution et de la concurrence internationale.

Certes la valeur de l'euro est plus adaptée à l'économie allemande qu'à celle de la France et de l'Europe du Sud. Mais le remède, ce serait de discuter avec les Allemands, pas d'abandonner une création qui nous est si utile, même si les jeunes générations qui n'ont pas connu les inconvénients du franc n'ont ni le vécu, ni l'intelligence qui leur permettraient de s'en rendre compte.
Enfin, il y a le problème de l'Europe politique. Dire qu'elle est responsable de tous nos maux est un leurre: l'Europe politique n'ayant jamais existé, la quitter ne changera pas grand chose à notre situation. Par contre, ce qui va changer, c'est notre espérance à la faire évoluer favorablement, et ce n'est pas en renonçant à toute unité d'action que les pays européens seront mieux armés pour faire face à la mondialisation, à l'immigration de masse (aujourd'hui moyen-orientale, mais bientôt africaine), au terrorisme, à l'insécurité (et pas seulement à celle causée par DAESH et Al Qaïda).
L'Europe marche mal, c'est vrai. La détruire serait aussi stupide que de tuer le malade pour supprimer la maladie. Cherchons plutôt les remèdes qui lui permettraient d'aller mieux, et commençons par faire le bilan des politiques, de droite et de gauche, qui, depuis plusieurs décennies, nous conduisent à la ruine. Et d'abord, interrogeons-nous sur l'utopie égalitariste de la Franc-Maçonnerie, qui, bien que n'étant pas officiellement aux Affaires, est à l'origine de la plupart des grandes idées sociétales depuis la fin du 19ème siècle.Bénéficier des résultats quand ils sont bons, mais ne pas être concerné lorsqu'ils sont mauvais, ne me semble pas compatible avec l'esprit de solidarité: car, à la différence de la Fraternité qui peut être sélective, la Solidarité est toujours collective.

Je ne me sens pas Macroniste, car je ne crois pas judicieux de confier la direction du pays à un ancien membre de la banque Rotschid (qui a aussi "lancé" la carrière de George Soros), qui fut également conseiller de notre président finissant, et son ministre de l'Economie pour le malheur d'Alstom et de l'audiovisuel.
Je fais aussi partie des déçus de Fillon, qui a cru judicieux de combattre ses concurrents de la primaire de droite en adoptant des postures "Don Quichottesques", que le pouvoir politico-judico-médiatique a su exploiter avec autant d'habileté que de malhonnêteté.

Ces deux candidats ont cependant deux énormes avantages sur les neuf autres: ils ont l'expérience du pouvoir, et leur prise de responsabilité ne plongera pas le pays dans une période de "changement constitutionnel" incompatible avec l'autorité dont le gouvernement devra faire preuve pour diriger le pays.

Pour autant que je puisse en juger, F.Fillon a exposé un programme cohérent, sans concession ni démagogie. E.Macron a préféré éviter les sujets qui fâchent (mis à part sur les thèmes sociétaux), en bon élève de F.Hollande, qui croyait se faire pardonner par son électorat ses mesures en faveur des entreprises, en "brimant" de façon provocante "le peuple de droite" dans des domaines qui relevaient souvent de la liberté de conscience.

Si les Français sont raisonnables, nous aurons pour les présidentielles un deuxième tour Fillon-Macron. S'ils veulent en découdre, ils choisiront Le Pen- Mélenchon.

 Hervé Le Bideau 5 avril 2017