La CSG et la TVA.

 

Dans les années Sarkozy, pour rééquilibrer notre balance commerciale, l'idée à la mode était celle de la (mal nommée) TVA sociale.

Le principe était le suivant : le coût d'un produit est la somme de ceux des matières premières, de l'énergie, des coûts financiers, des salaires (eux-mêmes composés en salaire net et charges), des taxes (dont la TVA), et des bénéfices (quand ils existent).

Notre balance commerciale était alors déficitaire (ça n'a fait qu'empirer depuis), parce que les prix des produits français étaient supérieurs à ceux de l'étranger et notamment à cause des charges plus élevées.

 

Or, les importations (et exportations) se font hors TVA. D'où la solution, pour un prix constant des produits, d'augmenter la TVA et de diminuer les charges.

Sur le marché intérieur, cela ne changeait rien, mais cela était très important sur les échanges extérieurs : nos marchandises (vendues hors TVA) devenaient plus compétitives, tandis que nos importations (sur lesquelles la TVA s'applique) allaient ralentir, tout en assurant à l’État des recettes supérieures. L'équation de cette solution se formule de la façon suivante :

Hausse de la TVA+ baisse des charges = prix constant des produits en France

                                                        = augmentation des exportations

                                                        =diminution des importations.

 

L'opposition de l'époque a malhonnêtement critiqué ce projet en jouant sur le symbole du mot TVA. Dans l'esprit des gens, hausse de la TVA= diminution du pouvoir d'achat, ce qui était faux, parce que la baisse des charges sur le coût du travail aurait maintenu les prix à un niveau constant.

 

Une fois au pouvoir, la nouvelle majorité a cherché à reprendre ce principe, tout en se démarquant des propositions Sarkozy : c'est l'idée avancée par le gouvernement Macron. Conscient de la nécessité de baisser les charges, sans nuire au montant des ressources de l’État,il estime que l'équilibre sera atteint grâce à une hausse de la CSG.

 

Or, cette loi (puisqu'elle a été adoptée) est à la fois stupide et injuste.

1- elle est stupide parce que la CSG n'est pas une taxe, mais un impôt sur les salaires (et non sur les produits). Une hausse de la CSG qui compense une baisse d'autres charges n'aura aucun impact ni sur nos exportations, ni sur nos importations. D'où l'équation :

Hausse de la CSG+ baisse des charges = charges constantes

                                                       = exportations inchangées (trop faibles)

                                                       = importations inchangées (trop fortes)

 

2-elle est injuste, car si pour les « actifs », les charges seront constantes, il en va différemment des retraités et des fonctionnaires. Cela n'a pas échappé à Bercy (charité bien ordonnée commence par soi-même) qui a su provoquer un amendement pour que ces derniers échappent à la diminution de salaire que cette loi aurait dû leur imposer.

 

Seuls les retraités sont les dindons de la farce.

 

Résumons-nous :

toute cette agitation peut se décrire en une seule phrase : pour tenir son engagement budgétaire face à Bruxelles, Bercy baisse le montant des retraites. Pour le reste, il n'y a pas de changement, et le rééquilibrage de notre balance commerciale sera pour le quinquennat suivant (on peut toujours espérer).

 

Hervé Le Bideau

24 août 2017