FICHE

 

 

                     Objet : intégration de la jeunesse à la vie active.

 

 

 

Le constat :

Jusqu'au vingtième siècle, l'héritage constituait le principal facteur de l'intégration des jeunes dans la vie active. Peu à peu, au nom de l’Égalité, il fut supplanté par le Savoir : on devient médecin, ingénieur ou professeur parce que l'on a réussi dans ses études, et obtenu les diplômes correspondants, et non pas parce que c'était la profession des parents.
Ce faisant, en France, l’Éducation Nationale a hérité, à son corps défendant, de la responsabilité de l'orientation des jeunes, ce qui n'était initialement ni sa mission, ni sa vocation. Destinée à aider les élèves dans leurs efforts d'acquisition du savoir, et non à sélectionner leur intégration sociale par le biais des professions, elle s'est efforcée, avec une certaine logique, de rester dans son rôle d'éducation, en laissant à « d'autres » la responsabilité de la sélection.

 

Le résultat est sans appel : pour les 800.000 enfants qui naissent chaque année, 600.000 seront bacheliers, et l'université doit faire, avec les moyens du bord, le travail de sélection que les collèges et lycées n'ont pas voulu faire.

Cette année 2017, débordées, certaines facultés ont procédé aux éliminations, quantitativement nécessaires, par tirage au sort, ce qui constitue une solution aussi injuste que moralement condamnable.

 

L'analyse :

1- les connaissances sont une partie des aptitudes que réclament les activités professionnelles, mais une partie seulement.

 

2- les techniques évoluent sans arrêt. Des métiers disparaissent, d'autres font leur apparition, et les comportements changent.

3- le rôle de l’Éducation Nationale est indiscutable pour le développement initial du savoir, mais sa compétence s'arrête là.

 

4-sélectionner les élèves consiste moins à les classer qu'à les orienter. Pour ce faire, il faut d'une part recenser les postes qui seront offerts lorsqu'ils arriveront sur le marché du travail, et les qualités qu'ils demanderont ; d'autre part, il faut aussi évaluer les aptitudes des élèves (physiques, intellectuelles, morales, psychiques, …) pour pouvoir faire l'adéquation entre les postes offerts et les candidats aux profils correspondants.

 

Conclusion de cette analyse :

L'orientation des élèves doit être faite par un Conseil comprenant des représentants de l’Éducation Nationale, mais aussi des membres des organisations professionnelles, du corps médical, de l'Administration, des Armées, du monde sportif, artistique, culturel, …

 

Recherche d'une solution :

Conseiller 800.000 élèves pour choisir entre des dizaines de milliers de métiers semble à priori difficilement réalisable. Or, dans ce domaine, l'expérience des Armées est tout à fait exploitable. A l'époque du service militaire, l'Armée devait mobiliser chaque année 300.000 recrues (les filles ne faisant pas de service) et les répartir dans des milliers d'emplois inhérents à des milliers de formations.

En 3 jours de tests psycho-techniques, les affectations étaient prononcées, avec des taux de réussite supérieurs à 90%, dans des disciplines souvent très techniques (conducteurs de chars, canonniers, pointeurs-tireurs, opérateurs-radars, secrétaires-dactylos,

opérateurs-radio, …).

Bien sûr, tout cela a un coût.

Il semble que ce que l'Armée savait dépenser pour orienter 300.000 appelés pour un service d'un an, la Nation doit pouvoir le faire pour l'ensemble de ses enfants, pour la durée de leur vie professionnelle.

 

Proposition :

Mettre en place, au niveau inter-ministériel, un Conseil d'Orientation destiné à orienter les élèves, au moment des étapes importantes de leurs études que sont le DND (ex BEPC), le baccalauréat, voire le DEUG. Cette orientation constituant un conseil, et non une obligation, l'élève restant maître de son choix.

Ce Conseil serait chargé des missions suivantes :

  • avec la participation de toutes les catégories d'employeurs du pays, définir les besoins en recrutement pour les années à venir.

  • Identifier, avec le concours de psychologues, pour chaque profession, les qualités humaines nécessaires à leur exercice, ainsi que les méthodes et tests qui permettraient de les détecter.

  • En mettant à profit les infra-structures départementales existantes utilisées lors de la « Journée Défense-Citoyenneté », soumettre chaque jeune aux tests d'aptitude lui permettant de prendre connaissance utilement de ses possibilités de s'intégrer dans le monde du travail, au moment où il doit décider de son orientation professionnelle. A l'issue, une fiche individuelle d'orientation serait rédigée, qui pourrait être communiquée aux intéressés (ou à leurs tuteurs), aux censeurs des études de leurs collèges ou lycées, voire aux directeurs de facultés ou d'académies, et éventuellement aux organismes chargés de lutter contre le chômage. Ce document pourrait aussi constituer la première partie d'un dossier individuel professionnel, qui suivrait les intéressés tout au long de leur carrière.

     

 

 

 

                                                          Hervé LE BIDEAU