Sarkozy et le juge Tournaire.

 

Depuis la nuit des temps, les états ont soutenu financièrement ceux qu'ils avaient intérêt à voir prospérer. Y aurait-il eu une opposition syrienne « libre et démocratique », sans l'argent des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, de l'Arabie Saoudite, du Qatar et du Koweït ?


Les versements correspondants ont-ils respecté le cadre juridique des marchés publics et des déclarations fiscales ? La réponse est à la fois non et oui.

 

Non, car ces pratiques sont classées « secret d’État », et qu'elles dérogent ainsi à toute réglementation. Le pouvoir de la justice s'arrête là où commence le domaine réservé de l’État.

 

Oui, car ces transferts d'argent ayant été effectués dans des conditions qui échappent aux compétences des services ordinaires de l’État (hors Services Spéciaux) n'ont en aucun cas violé les dispositions de la réglementation.

 

Albert Bongo finançait à la fois les campagnes de la majorité et de l'opposition françaises, et Kadhaffi aussi. Il est curieux que le juge Serge Tournaire, qui s'intéresse autant à l'argent qu'aurait reçu la droite, et Sarkozy, ignore superbement l'argent de Kadhaffi dont aurait pu bénéficier la gauche et Ségolène Royal. De la même façon le Mossad aurait participé au financement de la campagne de Trump et d'H. Clinton, ce que je crois volontiers.

Les états sont libres de faire ce qu'ils veulent de leur argent. Cela est inhérent à leur souveraineté. La justice, même dans les cas où elle serait totalement indépendante, n'est pas souveraine. Elle est incompétente à juger le fonctionnement de l’État.

D'où l'attitude du juge Tournaire : s'il lui est impossible d'incriminer N. Sarkozy, pour avoir, d'une façon ou d'une autre, accepté que Kadhaffi participe au financement de sa candidature, il peut en échange l'inculper s'il parvient à prouver que cet argent a servi à financer sa campagne électorale. Car les sommes qui sont inscrites dans ce cadre sont soumises à une réglementation très stricte.

 

En clair : si Sarkozy a utilisé l'argent (supposé) de Kadhaffi pour sa campagne électorale, il est condamnable.

Mais si cet argent (supposé) a servi à acheter aux Américains les bombes qui ont permis à la France d' éliminer Kadhaffi, sur le plan judiciaire, il n'y a rien à lui reprocher.

Recevoir de l'argent n'est pas un délit, mais l'usage que l'on en fait peut l'être.

 

Mon impression est la suivante : tout comme Mitterrand et Chirac, comme S.Royal, et vraisemblablement comme Hollande, si Sarkozy n'avait pas mis fin au règne de Kadhaffi, de l'argent du dictateur libyen a été « gracieusement » offert par des « mécènes » étrangers à des responsables politiques français à différentes époques, dont 2007.

 

Ceci ne suffit pas à incriminer N.Sarkozy, et le juge Tournaire le sait. Pour pouvoir le mettre en examen, il lui fallait prétendre que l'argent reçu (?) avait servi à financer la campagne de 2007. C'est ce qu'il a fait.

 

Pour pouvoir l'inculper, il lui faut maintenant le démontrer. C'est impossible, et il le sait.

 

Alors, pourquoi tout ce charivari autour de cette affaire, qui n'est pas une des pires que la V° n'ait connue ?

 

J'espère que le juge Tournaire sera un jour amené à nous le dire.

En attendant, j'observe qu'il y a eu, dans notre histoire politique récente, des événements qui y ressemblent étrangement.

Il y a eu les diamants de Giscard d'Estaing, offerts par Bokassa. Bien que ces cadeaux ne soient pas entraîner de sanctions sur le plan juridique, leur impact médiatique a mis fin aux espérances politiques du président.

 

Il y a eu plus récemment le « Pénélope gate » . Faire travailler son épouse, pour F.Fillon, était parfaitement légal. Mais il a suffit d'un article de presse pour ruiner ses chances de remporter la présidentielle.

 

Le juge Tournaire connaît tout cela. Mais la carrière de N.Sarkozy est terminée depuis 2012, grâce justement à un acharnement judiciaire dont ce magistrat est le principal organisateur.
Il ne peut mettre fin à ce qui est déjà fini.

Son attitude actuelle semble motivée par le seul désir de nous rappeler le rôle qu'il a joué dans l'élimination du président Sarkozy de la politique française.

 

Ce que veut le juge Tournaire, c'est qu'on lui remette le scalp de Sarkozy.

 

 

Hervé Le Bideau .

A Bressolles le 24/03/18